En 1977, le moteur s’arrête, le bâtiment ferme ses portes...
En 1993, des amis, artisans, ingénieurs, … découvraient les salles à l’abandon et le grand mécano. Ils firent le pari de redonner vie à ce patrimoine hydraulique et mécanique classé Monument Historique. En 1997, ils se formaient en association.
En 2005, 12 ans et 140 000 heures de travail de bénévoles après, le pari était gagné au-delà de tout ce qu’ils avaient pu imaginer. Le bâtiment et l’ensemble des machines sont entièrement restaurés. Mieux, la machine élévatoire des « Grandes Eaux » du prince de Condé est reconstruite telle qu’elle était en 1680.
Ainsi grâce à cette dernière œuvre unique en Europe, le visiteur peut découvrir sur un même site plus de trois siècles d’évolution technologique avec le passage de la mécanique tout en bois à la mécanique tout en métal, de la roue à aubes à la turbine,…
Simultanément, le Pavillon de Manse s’ouvrait aux scolaires. Aujourd’hui, il est agréé comme association éducative par le rectorat d’Amiens, reconnu comme un lieu de culture scientifique et technique par l’Etat et la Région de Picardie dans le cadre d’un projet nommé « des Machines et des Hommes », agréée par le PNR Parc Naturel Régional Oise Pays de France et labellisé Pavillon des Sciences à l’occasion des « Fêtes de la Science ».
Découverte de la machine hydraulique des "Grandes Eaux" machine élévatoire reconstruite par l’équipe de bénévoles de l’Association en fonctionnement :
La roue à aube 7,80m de diamètre,
Le rouet,
Les lanternes,
Les pompes à balancier,
Le puits,
Les tableaux avec dessins au lavis extraits de l’Album du comte du Nord,
Maquette de la machine motorisée au 1/10 en eau
Plans modélisés par les élèves de l’UTC
De gravures en photographies, de maquettes en reconstitution à l’échelle 1, le rez-de-chaussée du Pavillon édifié à l’époque du Grand Condé pour abriter la machinerie des jeux d’eau du jardin, invite à découvrir le dernier témoin de ces monstres de technique qu’étaient les pompes hydrauliques du XVIIème siècle.
Lorsque l’association est entrée dans le Pavillon en 1993, celui-ci était à l’abandon depuis plus de 20 ans et dans un état déplorable. Dans cette pièce, seuls restaient un plancher en piteux état, un grand trou dans ce plancher, un pan de muret et les restes d’un emplacement de moyeu dans la partie du mur qui se trouve face à la grande porte. Après avoir refait le sol, le portail, le garde-corps, l’Association s’est intéressée à la machinerie qu’abritait ce bâtiment.
Les planches en couleur de l’album du comte du Nord réalisé à la fin du XVIIIème siècle présente de manière étonnamment rigoureuse la Machine de Manse et les jardins occidentaux où jouaient les Grandes Eaux qui se tenaient à l’emplacement actuel de la portion de Chantilly comprise, entre le château et le Pavillon.
La pompe hydraulique alimentait en eau, les jeux qui ne pouvaient bénéficier de l’apport de l’aqueduc construit plus tôt par les Montmorency.
La bâche du Pavillon (aujourd’hui disparu) alimentait, vraisemblablement en direct, un Grand Jet de près de vingt mètres de haut.
Les réservoirs se trouvait sur la Pelouse de l’hippodrome situés à 400 mètres sur les hauts de la vallée (seul l’un d’entre eux est parvenu jusqu’à nous). Ils alimentaient par gravité : les Cascades de Beauvais, la fontaine de la Tenaille, le Boulingrin (une gerbe et huit jets), la ménagerie, la Grande Cascade et la Faisanderie.
L’aqueduc alimentait (et alimente toujours pour partie) les jets et bassins des Petites Eaux, de la partie orientale du jardin.
La roue de près de huit mètres de diamètre (7m80), entièrement en bois à l’exception des six corps de pompes et des systèmes « bielles/manivelles/vilebrequins », a repris sa place grâce aux efforts de nombreux bénévoles, et l’aide des plans réalisés par des étudiants de l’Université de Technologie de Compiègne. Son modèle réduit, également en mouvement, en présente le fonctionnement.

En 1994, débute la restauration par les bénévoles de l’Association du Pavillon Jacques de Manse de l’ensemble de machine. Et c’est par cette parti du bâtiment qu’il ont commencé. Engrenages, pompes, turbine ... dix ans après, ces pompes fonctionnent et sont remises en eau en 2000. Le bruit de l’eau qui gronde emplit aujourd’hui la station de pompage du duc d’Aumale.
Changement d’ambiance, la révolution industrielle se faisant on passe du tout bois contre le tout fer ...
Systèmes de vannage à crémaillère,
Chute d’eau,
Sortie de la chambre d’eau de la turbine,
Vue sur la prairie, le Canal de Manse et La Nonette,
Bélier hydraulique,
Les machines hydrauliques en fonctionnement : - Turbine hydraulique « Fontaine » (1877) à axe vertical, - Pompes à balancier « Calla » (1843), - Pompes à pistons horizontaux (1877) à double effet, - Pompes centrifuges (1950),
Cette pièce témoigne de l’architecture industrielle du XIXème siècle, architecture de briques et poutrelles métalliques. Installé durablement à Chantilly, le duc d’Aumale modernise et complète la machinerie. Il veut délivrer aux robinets du château et de la ville de l’eau potable sous pression. A cet effet, en 1876, il installe un nouvel ensemble de pompes plus perfectionnées, dites à double effet : les cylindres sont horizontaux et surmontés de quatre clapets. Le système bielle/manivelle rappelle celui des machines à vapeur. En un seul mouvement, l’eau est pompée et refoulée.
Cette fois, l’eau arrive de beaucoup plus profond. Elle provient d’une nappe aquifère découverte à 100m de profondeur. L’eau est refoulée dans des réservoirs cachés dans les combles des Grandes Écuries avant d’être délivrée gratuitement aux habitants.
La turbine qui aliment cette nouvelle station tombera en panne après près d’un siècle de bons et loyaux services : en 1978 la structure la portant s’affaisse avec, pour effet, l’arrêt immédiat des pompes.
